ERYTHREE COLONIE ITALIENNE

L'ITALIE


Le missionnaire lazariste Joseph Sapeto acheta pour le compte de la Compagnie Rubattino de Gênes pour une somme de 40 000 lires, quelques parcelles de terrain au voisinage de la Baie d'Assab.

Le Père Sapeto signait une convention avec les frères Ben Aimad, Sultans d'Assab, le 15 novembre 1869, et le territoire entre le Mont Ganga et le cap Sumah devenait propriété de la Compagnie Rubattino. Le 11 mars 1870, le navire de guerre italien Vedetta commandé par le Capitaine de Frégate Ruggiero, arrivait à Assab et le pavillon italien était solennellement hissé sur la station.

En mars 1882, la Compagnie Rubattino céda tout le territoire au gouvernement italien et Assab fut déclaré colonie italienne. (Voir contrat)

En 1882, l’amiral Caïmi, installé à Buïfa, au fond de la baie d’Assab, à l’instigation de l’Angleterre, occupent Massawa en 1885. En débarquant l'amiral Caïmi, dans une proclamation, déclare à la population que le gouvernement italien « ami de l'Angleterre de la Turquie et de l'Égypte, lui avait donné l'ordre d'occuper Massaoua ».

Le 1er janvier 1890, le Roi Humbert 1er officialise le nom de l’Erythrée sur la suggestion de l’écrivain italien Carlo Dossi (secrétaire du Premier Ministre Francesco Crispi).

L'Italie porte ensuite des regards sur les hauts plateaux éthiopiens. Elle croit détenir les bases d'action qui rendront possible une conquête éventuelle. Dès ce moment, le conflit est ouvert entre l'Italie et l'Éthiopie. Yohannès, qui, à la suite de négociations avec l'Égypte, première occupante de Massaoua, avait réclamé un droit de préemption et obtenu que ce port ne tomberait dans les mains d'aucune autre puissance et fort du traité Hewet protesta énergiquement.

 

Les Italiens, après avoir fortifié Massawa, franchirent la frontière et pénétrèrent à l'intérieur des territoires éthiopiens. Après de vaines réclamations, le Négus Yohannès décida de s'opposer par les armes à cette avance. Les Italiens abandonnèrent alors Dogali (26 janvier 1887) et se replièrent sur Massaoua.

Atié Yohannès, dont le fils était mort prématurément, manifesta l'intention de distendre ses liens avec Ménélik II. Celui-ci, mécontent, s'isola alors, dans le Choa et se montra quelque peu accessible aux protestations d'amitié et aux offres que lui firent certains Italiens. Il prépara avec eux un premier arrangement (1887) qui lui reconnaissait la couronne et la possession immédiate de territoires déjà partiellement occupés par l'armée italienne. Il reçut également des armes et des munitions.

 

l'Angleterre excita la ferveur chrétienne du Négus Yohannes IV et parvint à le convaincre que le madhisme représentait un danger aussi grave, pour la foi, que celui qui avait menacé l'Éthiopie au temps de Mohammed Gragne. L'empereur n'écoutant que son zèle religieux, attaqua furieusement les derviches, s'empara de Gallabat, mais fut tué à la fin du combat.

Le général Italien San Marzano sut très bien profiter de la diversion . Ne rencontrant plus aucune résistance sérieuse il reprit dès que les armées de Yohannès se trouvèrent aux prises avec les Madhistes la marche en avant. Il réoccupa Dogali où, deux ans avant, les troupes italiennes avaient subi un premier échec.

 

 

UCCIALI (WUTCHALE)

Comme roi du Choa éthiopien, Ménélik II céda l’Erythrée aux Italiens (traité d’Ucciali du 2 mai 1889, qui sera dénoncé en 1893), pour affaiblir son rival tigréen au trône d’Ethiopie, Atié Yohannès, que le comte Pietro Antonelli, avait négocié et signé alors que l'Italie se trouvait en guerre contre l'empereur Yohannès.

A la nouvelle du décès de Yohannès, Ménélik II, acclamé par le peuple, comme le représentant de la vieille dynastie, fut proclamé empereur et couronné par l'Abouna Matheos, à Entotto, capitale du Choa (6 novembre 1889). Pour établir ces frontières stratégiques, Ménélik II fut amené à concevoir une véritable politique coloniale. Une ère de conquêtes et d'expansion s'ouvrit. Ménélik comme Yohannes rêvaient d'avoir un territoire jusqu'à la mer.

En 1889, au moment où mourait Yohannès et à l'heure même où Ménélik II recevait l'investiture impériale, les Italiens avaient repris leur marche en avant et s'étaient réinstallés à Dogali. En 1890 et 1891, poursuivant d'accord avec le cabinet de Londres, ils occupaient le Bénadir, au sud du Somaliland. Peu après, Anglais et Italiens signaient les traités de démembrement des 24 mars-15 avril 1891. Ces traités reconnaissaient à l'Italie une sphère d'influence un protectorat qui embrassait l'Éthiopie tout entière, y compris le Harrar. Ils portaient atteinte, sur ce dernier point, à un arrangement franco-anglais du 2 février 1888, qui avait stipulé que les deux gouvernements «s'engagent à ne pas chercher à annexer le Harrar ou à le placer sous leur protectorat.
Ce traité n'eut pour effet que d'engendrer la cause d'où sortira le conflit qui, à Adoua, se dénouera d'une manière, hélas sanglante,

Le traité d'Ucciali renouvelait les engagements de l'arrangement intervenu deux années auparavant. Au lendemain de la rupture du pacte qui devait assurer, automatiquement, à Ménélik II la succession au trône impérial, cet arrangement lui avait reconnu la couronne en échange de sa neutralité. . L'empereur qui avait cru conclure un traité d'amitié et de commerce, se trouvait, par le machiavélisme d'une traduction avoir accepté un protectorat. On sait que le texte ahmarique avait seul reçu le sceau du Négus et la signature du plénipotentiaire italien. On sait aussi que l'article 17 qui portait les mots : « S. M. l'Empereur d'Éthiopie aura la faculté de se servir des agents du gouvernement italien, etc... » avait été « renforcé » dans la traduction italienne. A la place du mot « faculté » on avait prévu « obligation ». En 1893, Ménélik II prit le parti de rompre. Il dénonça formellement le traité d'Ucciali, fit part de sa décision aux puissances européennes, proclamant son indépendance, et signifia qu'il n'avait « plus aucun engagement envers le roi Humbert ». Le Négus remboursa, en même temps, les quatre millions qui lui avaient été prêtés par l'Italie.
Or en annexe au traité d'Ucciali et par une convention additionnelle, l'Italie avançait à Ménélik II, 4 millions de francs et lui fournissait 38 000 fusils, 28 canons et des munitions en abondance. Tout ce qu'il fallait pour qu'il s'opposât à leurs projets, avec les plus grandes chances de succès.

 

ADOUA

L'armée éthiopienne sous la direction de Ménélik II et le commandement en chef du ras Makonnen, avec 120'000 hommes contre 12'000 pour les Italiens, écrasa donc les Italiens à Adoua (1er février 1896). Aux hésitations légitimes du général Baratieri qui, lui, ne doutait pas du sort qui l'attendait, Crispi avait, dit-on, rageusement répondu : « Tu es phtisique ! »,(atteint de tuberculose pulmonaire, dépérissement) ému, de cette apostrophe cinglante, le chef militaire avait obéi.

 

 

LES TRAITÉS

La défaite des Italiens à Adoua aboutit au traité d’Adis Abeba . Le traité de paix d'Addis Abeba (26 octobre 1896) annula le traité d'Ucciali. Il reconnut l'indépendance sans réserves de l'empire d'Éthiopie, comme « État souverain et indépendant ». Il remettait à une « entente amicale» le soin de déterminer les frontières définitives, de l'Italie, s'engageant à ne faire « de cession quelconque de territoires à aucune autre puissance ». Enfin pour écarter toute erreur de traduction, le traité, sur la demande du gouvernement éthiopien, fut écrit en ahmarique et en français, les « deux textes absolument conformes », et une convention (10 juillet 1900), délimitera les frontières entre l’Erythrée et l’Ethiopie.

Enfin, toujours en janvier 1897, était signé un arrangement décidant que « conformément à la convention unissant par amitié la France et l'Éthiopie et déclarant le port français de Djibouti débouché officiel du commerce de l'Éthiopie, les approvisionnements, marchandises, armes et munitions destinés à Sa Majesté l'empereur, y passeront en franchise »...

Dans le domaine économique, un traité de commerce et d'amitié est intervenu entre l'Italie et l'Éthiopie. Il a été signé à Addis Abeba le 21 juillet 1906 et a été ratifié par le roi d'Italie le 8 octobre de la même année.

En ce qui concerne les limites territoriales, elles ont été fixées par des accords successifs : du 10 juillet 1900 relatif à la frontière entre l'Éthiopie et l'Érythrée (et sa note annexe du 15 mai 1902 également signée par l'Angleterre, car elle visait la frontière entre le Soudan et l'Érythrée) du 16 mai 1908 pour la délimitation du Benadir; du 16 mai 1908 (avec son acte additionnel) pour la délimitation de l'Érythrée.

Le 13 décembre 1906 un traité signé par l’Angleterre, la France et l’Italie délimitent leurs sphères d’influences, dénoncé en 1906 par l’Italie de Mussolini.

 

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