L'arabe a longtemps servi, et sert encore, de langue de communication entre les musulmans qui ont pour langue maternelle soit une autre langue sémitique, soit une langue couchitique ou nilo-saharienne. Les contacts avec l'autre rive de la mer Rouge remontent à la nuit des temps. L'islamisation de l'Afrique de l'Est est partie de cette région (Zula et Dahlak) et les contacts commerciaux réguliers perdurent de nos jours avec l'Arabie saoudite et surtout le Yémen (la côte de la Tihâma mais aussi Aden et la côte de l'océan Indien). L'arabe véhiculaire porte les traces de ces influences ainsi que celles des variétés apprises au Front ou dans l'émigration. Né de ces contacts entre dialectes arabes mais aussi des contacts avec les langues maternelles différentes, c'est un parler en perpétuelle évolution. Malgré cela, il reste caractéristique de cette région par certains traits phonétiques, morphologiques, syntaxiques et lexicaux.
Marie-Claude Simeone-Senelle |