LA SITUATION PRE-COLONIAL DE L'ERYTHREE

LE CHRISTIANISME

Vers l’an 70, le christianisme fit une première apparition dans la région. Une régente, nommée Judith, gouvernait le royaume d’Axoum, c’est aussi à cette époque que fut construite la première église (Saint-Marie-de-Sion), les vieux auteurs l’appelaient Candace. Un noble, grand eunuque, de religion juive, sur-intendant du trésor royale revenant d’un pèlerinage au Temple de Jérusalem, fut converti sur la route de Gaza, par Saint Philippe le Diacre. Rentré à Axoum, il y publia la doctrine du Christ. La reine y adhéra, ainsi qu’un grand nombre de ses sujets. Mais, après sa mort, le peuple retourna à son ancienne religion. Cependant au début du IV siècle, sous le patriarcat de Saint Athanase, deux moines grecs, Frumences (converti au christianisme, du temps des Romains), et Aidessuis, fils d’un marchand de Tunis, du nom de Méropius, s’égarèrent sur les côtes de la Mer Rouge, ils furent faits prisonniers et conduits dans l’intérieur par le port d’Adoulis, répandirent le christianisme jusqu’au royaume d’Axoum, dont le roi Ezaena se convertit à la religion chrétienne puis le monophysisme s’imposa en provenance d’Egypte.

En 1876, pour venger ces échecs, une expédition de 20 000 hommes partit du Caire et débarqua à Massawa. Elle avait, pour général, en chef, le fils du khédive, le prince Moulay Hassan, assisté du ministre de la Guerre et d'un important état-major européen et américain. La bataille eut lieu à Goura et fut désastreuse. Ce ne fut qu'à la suite de la chute d'Ismaïl et de la révolte d'Arabi-Pacha, que les troupes de Yohannès après avoir harcelé pendant deux années, les contingents de Gordon-Pacha et que celui-ci eût échoué dans ses tentatives de négociation avec le Négus, que le péril d'une conquête égyptienne fut écarté.

LES PUISSANCES EUROPEENNES

Le percement de l'isthme de Suez, en 1869, fera de la mer Rouge le couloir le plus fréquenté du monde. Du même coup, la région de la Mer Rouge prendra une importance internationale qui ne cessera de s'accroître. Les puissances européennes se hâteront. d'acquérir des dépôts de charbon, des points d'appui sur la nouvelle route ouverte par le génie d'un Français vers les mers de Chine, du Pacifique et vers l'Océan Indien.

L'Angleterre la première, agrippée dès 1838 aux rochers d'Aden, s'empare de l'ile de Périm qu'elle fortifie, afin de contrôler, à son profit exclusif, le détroit de Bab-el-Manded : la Porte de l'Enfer. En 1884, l'Angleterre occupe Zeïla et Berbera, elle sut apaiser les craintes de Ménélik II par le traité que l'amiral Hewet conclut et qui, notamment, garantissait à l'Éthiopie le libre transit par Massaoua, des marchandises destinées aux états du Négus ou en provenant. C'est déjà le problème de l'accès à la mer.
Mais les Anglais qui, à cette époque, avaient déjà mis la main sur l'Égypte cherchaient partout des alliés pour combattre les derviches, dont la vague redoutable menaçait de les submerger. Partie du Darfour et du Kordofan, cette vague déferlait impétueusement, recouvrant tout le Soudan nilotique, balayant les garnisons égyptiennes, enlevant Khartoum et Kassala, séparant la basse Égypte de la province équatoriale, répandant son flot rugissant jusqu'aux rives de la mer Rouge. C'est dans l'espérance d'un appui efficace contre ces terribles fanatiques, que le Cabinet de Londres avait attiré l'Italie à Massaoua et qu'il encourageait les desseins de Crispi.

Il peut n'être pas d'un intérêt purement historique de mentionner, à cette place, que, quand les Russes, après le traité de Paris en 1856, évacuèrent l'Ile aux Serpents à l'embouchure du Danube, il fut convenu que les Anglais, de leur côté, abandonneraient Périm. Ces deux îles devaient recevoir une destination essentiellement neutre, pour servir de « points » à la navigation interocéanique. Des phares devaient y être aménagés et entretenus par une contribution des navigateurs, de tout pavillon, fréquentant le Danube et le détroit de Bab-el-Mandeb.

En 1884, la France prend effectivement possession d'Obock. De 1884 à 1888, elle étend son influence à Tadjoura, à Doulloul, à Soukti, à Sagallo, à Ambado et annexe les îles « Les Frères ». En 1888, après avoir occupé les îles Mousah et Bab, elle s'installe à Djibouti. La Côte française des Somalis est constituée. Elle est l’œuvre de la diplomatie tenace du gouverneur Lagarde. En 1873, antérieurement à l’installation sur la côte des Somalis, M. de Sarzec, consul de France à Massaoua, fut envoyé en mission auprès d'Atié Yohannés.

 

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